Oil pulling (ou gandouch) : le bain de bouche à l’huile végétale

Expérience (challenge « une semaine sans dentifrice »)

Et toi, tu sais faire du « oil pulling » ? Non, il ne s’agit pas d’un pas de danse de Michael Jackson, petit malin. Cela veut dire littéralement « tirage à l’huile ». Et c’est une méthode très ancienne issue de la médecine traditionnelle indienne qui consiste à pratiquer un bain de bouche à l’huile végétale. Les Indiens appellent cela « faire gandouch ». Voyons ensemble de quoi huile s’agit.

1 – Quelle huile végétale utiliser ?

Celle que tu veux du moment qu’il s’agisse d’une huile végétale comestible, biologique et de première pression à froid.

Traditionnellement, les Indiens font leur bain de bouche à l’huile de sésame, mais d’autres huiles peuvent aussi faire l’affaire (tournesol, chanvre, etc.) J’ai essayé pour ma part avec de l’huile d’olive extra-vierge. Mais le must est paraît-il l’huile de coco. Cette dernière est plus douce et fruitée que l’huile de sésame, qui elle est plutôt amère.

Photographie de trois noix de coco ouvertes tenues entre les mains d'une personne. L'huile de coco est recommandée pour le oil pulling.
L’huile de noix de coco, parfaite pour le oil pulling.

À choisir, je te conseillerais soit sésame, soit coco. Elles sont davantage plébiscitées que les autres huiles pour leurs propriétés antimicrobiennes et anti-inflammatoires.

2 – Quels sont les bienfaits du oil pulling ?

D’une façon générale, les bains de bouche à l’huile végétale sont intéressants pour la santé bucco-dentaire. Ils permettent d’une manière générale d’assainir la bouche, de soulager les inflammations, de prévenir la carie dentaire, de fortifier les dents et les gencives et d’améliorer l’haleine.

Certaines études cliniques ont même prouvé que leur efficacité était comparable aux rince-bouches antibactériens vendus en pharmacie. Et c’est bien là ce qui plaît tant aux adeptes du oil pulling. Ouvre grand tes oreilles, je vais t’expliquer pourquoi :

Imagine que ta bouche soit une gigantesque boîte de nuit dans laquelle se trémoussent plusieurs milliards de bactéries. D’un côté, il y a les bactéries cools, celles qui ne veulent pas d’histoires. De l’autre, il y a les vilaines bactéries, celles qui cherchent les embrouilles et ne paient pas leurs consos.

Heureusement, pour neutraliser ces fauteurs de trouble, il y a aussi un service d’ordre. Ce sont tes défenses naturelles et tous les soins que tu peux apporter à ta bouche.

Maintenant, une question : que ferait le service d’ordre d’un night club s’il voyait que la soirée dégénère en bagarre générale ? Il évacuerait tout le monde fissa pour éviter la casse ! C’est ce que peut faire ton dentiste lorsqu’il constate un déséquilibre de ton écosystème buccal. Il te prescrira par exemple un bain de bouche très concentré en agents antibactériens (souvent, de la chlorhexidine).

Mais le problème est justement que ce type de bains de bouche antiseptiques affectent toutes les bactéries, bonnes ou mauvaises. Il faut donc bien suivre les recommandations médicales en n’abusant pas du produit.

En revanche, le pouvoir antiseptique de l’huile végétale est beaucoup plus doux que celui d’un bain de bouche conventionnel. Le principal avantage du oil pulling, c’est donc qu’il va éliminer les bactéries pathogènes sans perturber l’ensemble de ta flore buccale. Petit bonus, il ne va pas risquer de jaunir tes dents, contrairement à la chlorhexidine.

3 – La méthode pour réaliser un bain de bouche à l’huile végétale

Je t’entends déjà t’exclamer : « The oil pulling, it’s amazing ! » Et tu n’aurais pas tort, en soi. Cependant, je me dois de réfréner tes ardeurs car cette pratique est pour le moins contraignante.

Photographie vue de haut d'une cuillère et d'un pot d'huile de noix de coco (utile pour le oil pulling). Le pot est entouré de pétales.
À température ambiante, l’huile de coco est à l’état solide. Mais pas de panique, si tu t’en sers pour faire un oil pulling, elle va fondre progressivement dans la bouche.

En effet, le hic majeur du oil pulling, c’est que pour porter ses fruits, il faut le faire régulièrement. Une fois par jour si tu es vraaaaaiment motivé. Mais je doute que tu deviennes autant accro au tirage à l’huile qu’à ton dentifrice.

Par ailleurs, il est préconisé de le pratiquer l’estomac vide. Le matin, dès le lever du lit, c’est le mieux. Cela va permettre de débarrasser ta bouche des toxines accumulées durant la nuit. Comme la plupart d’entre elles sont lipophiles, elles vont se dissoudre facilement au contact de l’huile.

Reste attentif, je vais maintenant te donner la marche à suivre :

  1. Prends une bonne cuillerée à soupe d’huile végétale de ton choix.
  2. Remue vigoureusement le liquide dans ta bouche, sans te gargariser, en « tirant » l’huile entre tes dents.
  3. Recrache le tout (mais plutôt dans la poubelle, car l’huile pourrait à force boucher tes canalisations).
  4. Rince ton armoire à dents à l’eau tiède en prenant garde de ne rien avaler.

Jusqu’ici ok. J’espère juste que tu n’es pas trop pressé le matin, car il te faudra faire circuler l’huile dans ta bouche pendant 10 minutes minimum pour que le soin soit efficace. Une éternité par rapport aux bains de bouche classiques ! Tu comprends donc qu’il vaut mieux se prévoir une activité en parallèle. Prendre sa douche, préparer le petit déjeuner, lire un article des Veilleurs (haha ! bonne idée, ça)…

Photographie du goulot d'une bouteille en verre emplie d'huile avec une goutte d'huile prête à tomber.
Pour enrichir ta culture générale, apprends que c’est l’actrice Gwyneth Paltrow qui a popularisé la pratique du oil pulling aux États-Unis… … … Hein ? Oui, on s’en fiche.

Réduction de la plaque dentaire, renforcement des gencives, haleine plus fraîche, dents plus blanches… En le pratiquant régulièrement, les effets du oil pulling se font sentir au bout d’une quinzaine de jours. Je sais, c’est long.

À savoir enfin que faire des bains de bouche à l’huile végétale ne te dispense en aucun cas d’un brossage de dents dans les règles de l’art.

4 – Le gandouch dans la médecine traditionnelle indienne

Dans la médecine traditionnelle indienne, on fait « gandouch » (ou « gandush ») au réveil, juste après s’être nettoyé la langue à l’aide d’un gratte-langue. Les textes ayurvédiques prêtent à ce rituel ancestral des bienfaits qui dépassent de loin l’hygiène de la bouche et des dents.

Ainsi, selon le Charaka Samhita, le traité fondamental de la médecine ayurvédique, « les bains de bouche à l’huile renforcent les os de la mâchoire, la voix, épanouissent le visage, embellissent les lèvres, donnent davantage de goût aux aliments, et purifient la parole ».

Plus encore, faire gandouch aurait un effet durable et bénéfique sur le corps tout entier. Selon l’ayurveda, il serait un puissant remède contre toute sorte de maladies.

Pourquoi ? Parce que d’après la médecine traditionnelle indienne, toute affection du corps trouve sa source dans l’accumulation de déchets que ce dernier ne parvient plus à éliminer. L’ayurveda appelle cela un excès « d’ama » (de la racine sanskrite am qui signifie « affaiblir »). C’est l’équivalent de notre vision occidentale des toxines. Or en éliminant ce surplus d’ama, le rituel du gandouch permettrait de maintenir le corps en bonne santé.

De là à penser que faire gandouch peut réellement te protéger des migraines, des ulcères, des allergies, de l’asthme, de l’acné, des troubles digestifs, des acouphènes, des rhumatismes, et même du cancer ! libre à toi. Mais aucune étude sérieuse n’est venue confirmer l’une ou l’autre de ces vertus. Je ne te pousserais donc pas sur cette pente huileuse…

Enfin, il est de mon devoir de te prévenir du risque de pneumonie lipoïde lié à l’aspiration malencontreuse de gouttelettes d’huile. Au moins deux cas de malades ont déjà été répertoriés et associé à la pratique du oil pulling.

5 – Alors, le oil pulling, bonne ou mauvaise idée ?

Personnellement, je reste très dubitatif sur la pratique du oil pulling. Parce qu’elle demande du temps et une certaine discipline au quotidien, il serait même dommage de ne pas s’interroger sérieusement sur son utilité, tu ne crois pas ?

Au risque de jeter de l’huile sur le feu du débat qui oppose pro et anti-gandouch, je me permettrai donc la réflexion suivante : puisque la plupart des adeptes du oil pulling se brossent aussi les claviers, il est difficile de mesurer les effets bénéfiques du gandouch en lui-même sur leurs dents. Peut-être sont-ils assez minimes. Trop, peut-être, eu égard au temps qu’il faut consacrer à ce soin. En vérité, les études manquent pour tirer à l’huile – euh, au clair – cette question.

Pour aller plus loin :

Découvre ici les raisons de relever le challenge « une semaine sans dentifrice »

Tu trouves louche le gandouch ? Essaie plutôt le siwak ! C’est pas n’importe nawak ! Je te dis aussi tout sur les aliments qui donnent la pêche aux dents !

Comment se lavait-on les dents-dents-l’temps ?

Ressources et inspirations :

« Gandouch : le rituel ayurvédique pour l’hygiène de la bouche » Isabelle Fontaine, Plantes et Santé : le site de la phytothérapie

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