Challenge « une semaine sans dentifrice » : 5 bonnes raisons de relever le défi

Ce challenge se déroulera du … au …

Au cours de ta vie, tu devrais passer environ 38 jours à te brosser les dominos. Pour autant, t’es-tu déjà penché sur la composition du dentifrice que tu te mets sous la dent ? As-tu déjà réfléchi à son impact sur ta santé ou sur l’environnement ? Cette semaine, j’ai décidé de croquer dans cette question à pleine dents.

Dans cet article, je te donne 5 bonnes raisons de mettre ton dentifrice industriel au placard.

1 – Le fluor : mieux vaut ne pas en abuser

En moyenne, on compte une quinzaine d’ingrédients dans le dentifrice. Parmi eux, l’un des plus courants est sans nul doute le fluor (ou fluorure de sodium). C’est aussi l’un des plus controversés, incontournable allié anticaries pour les uns, terrible poison pour les autres. Alors qu’en est-il réellement ?

Remettons tout de suite les choses à leur place : le fluor, à faible dose, est bon pour ta santé. Comme tous les oligo-éléments, il est même indispensable au bon fonctionnement de ton organisme. Cependant, au-delà d’une certaine quantité, il devient toxique.

Concrètement, le fluor renforce efficacement l’émail de tes dents, prévenant ainsi l’apparition des caries. Cependant, un surdosage peut devenir dangereux pour ta santé. Le rapport de l’OMS de 2010 a d’ailleurs classé le fluor parmi les dix substances chimiques qui posent un problème majeur de santé publique.

Parmi les pathologies les plus fréquentes dues à un excès de fluor, on trouve la fluorose dentaire. Celle-ci affecte surtout les enfants, car ces petits gloutons ont la fâcheuse tendance à avaler leur dentifrice. Or l’excès de fluor fragilise l’émail des dents plutôt qu’il ne le solidifie. Résultat : un risque accru de carie.

Si du as des marmots, je te conseille donc vivement de passer en revue leurs quenottes. Si tu y constates de petites stries ou taches blanchâtres (qui deviennent brunâtres à un stade plus avancé), c’est peut-être le début d’une fluorose.

À plus forte dose, le fluor peut endommager la structure de tes os, voire même attaquer ton système nerveux ! Bon, ne t’affole pas : à moins de t’enfiler un bol de dentifrice fluoré tous les matins, ce genre de bricole ne devrait pas t’arriver. Mais une vigilance s’impose puisque de nombreuses études ont démontré l’impact négatif d’un taux anormalement élevé de fluor sur le squelette et sur le développement du cerveau, notamment chez l’enfant.

Quoi qu’il en soit, retiens bien cette chose primordiale : tes besoins en fluor dépendent fondamentalement de ce que tu manges. De fait, il s’avère que si ton alimentation est très riche en sucre, quel qu’en soit sa forme (pâtisseries, gâteaux apéritif, pain blanc, alcool…), alors tu es plus exposé au risque de carie. Dans ce cas, je te déconseille fortement d’arrêter le dentifrice fluoré, car c’est lui qui empêchera ta bouche de se transformer en champ de ruines.

En revanche, si tes habitudes alimentaires sont suffisamment saines, alors tu peux peut-être envisager d’utiliser un dentifrice sans fluor (ou d’alterner les deux !). D’autant que le fluor est déjà présent naturellement dans certains aliments : l’eau minérale, le sel de table, mais aussi le poisson, les crustacés, le thé. Quoi que tu décides, parles-en à ton dentiste, car c’est lui qui connaît le mieux l’état de tes chicots.

2 – De nombreux dentifrices renferment des perturbateurs endocriniens

Tu t’en doutais déjà sûrement : nombreux sont les dentifrices de grande surface bourrés de conservateurs, d’édulcorants, de désinfectants, de parfums de synthèse et autres joyeusetés potentiellement néfastes pour ta santé et souvent inutiles. En fait, la liste des composants indésirables est tellement longue qu’il te prendrait sans doute autant de temps à la lire qu’à lancer ta propre ligne de dentifrices maison.

Pour ne pas te mettre sur les dents, je vais donc ici me contenter d’évoquer ceux que tu es le plus susceptible de croiser. En commençant par le dioxyde de titane, un additif alimentaire plus connu sous son diminutif affectueux « E171 ». Son rôle est de la plus haute importance puisque c’est lui qui donne à ton dentifrice sa coloration blanche tellement irrésistible…

Catégorisées depuis 2006 comme « cancérogène probable pour l’homme » par le CIRC, sache simplement que les nanoparticules de E171 n’hésiteront pas à organiser une méga-teuf dans le noyau de tes cellules immunitaires.

Sauf avis contraire de ton dentiste, je te conseille également de fuir les dentifrices qui contiennent des parabènes, de la chlorhexidine ou du triclosan. Ces antibactériens peuvent être prescrits pour un problème ponctuel, mais ne doivent certainement pas être utilisés sur le long terme. C’est comme passer l’intérieur de ta bouche au lance-flamme. Or celle-ci n’abrite pas que des mauvaises bactéries. Il s’en trouve aussi de très sympas qui ne te veulent que du bien !

Allez, même si tu t’en brosses peut-être, voilà encore deux composants que je ne te recommande pas. Ils sont utilisés pour éviter le durcissement du dentifrice quant tu oublies de remettre le petit bouchon. Il s’agit du propylène glycol, qui pourrait t’irriter les muqueuses, et de la glycérine, dont le principal défaut est qu’elle te restera collée aux chicots même après brossage, empêchant la restauration naturelle de ton émail.

3 – Tu n’as pas vraiment besoin d’une mousse généreuse, d’une sensation de fraîcheur, d’un goût sucré

Parmi les perturbateurs endocriniens présents dans les dentifrices industriels, beaucoup n’ont aucune fonction médicale. C’est le cas des édulcorants artificiels, comme l’aspartame ou la saccharine. Ils sont juste là pour t’apporter une petite saveur sucrée. J’en profite au passage pour te mettre en garde contre les dentifrices aromatisés que ton petit bout de chou s’empressera d’avaler.

Par ailleurs, tu apprécies peut-être la mousse généreuse que forme le dentifrice entre tes joues. Méfiance car c’est peut-être que ce dernier contient du sodium lauryl sulfate. Or quand je t’aurais dit qu’il s’agit d’un détergent très puissant que ton garagiste emploie probablement pour décaper les moteurs, tu risques de relativiser l’importance d’une bonne mousse (en dehors du bistrot, bien entendu).

Pour te brosser rapidement le tableau, le sodium lauryl sulfate ne sert à rien sinon à agresser tes muqueuses et à favoriser les aphtes. De plus, ce composant est si fort qu’il a tendance à t’incendier la bouche. C’est « l’intense sensation de fraîcheur » que te vantent les publicités. En pratique, cette sensation très vite insupportable ne va pas t’encourager à respecter les trois minutes de brossage recommandées par les dentistes.

4 – On te promet un blanc plus blanc que blanc… mais on te ment

Généralement, les dentifrices industriels comportent un élément abrasif. Pour lustrer tes dents comme le capot d’une voiture, les fabricants utilisent du détachant comme le bicarbonate de soude ou le peroxyde d’hydrogène.

Néanmoins, tu n’aimerais pas te frictionner les ratiches avec du papier de verre… C’est un peu malheureusement ce que te proposent les dentifrices estampillés « blancheur » ou « blanchissant » vendus en supermarché. Ils sont à fuir absolument car leur taux d’abrasivité est souvent trop élevé. L’utilisation excessive de ces dentifrices « extra white » peut tout bonnement rayer tes dents. Et tu ne veux pas que tes dents soient rayées.

D’autant plus que les dentifrices de grande surface ne sont pas tenus d’indiquer leur taux d’abrasivité, ni de prouver leur efficacité blanchissante avant leur mise sur le marché. De toute façon, ton dentiste te dira – et à raison – que lui seul est capable de véritablement rendre tes dents plus blanches, car il dispose de tout un équipement très spécifique pour le faire. Au mieux un dentifrice pourra-t-il te débarrasser ça et là de quelques taches disgracieuses.

Ce qui n’empêchera pas certaines marques de te prendre pour un gigot en te peinturlurant carrément les gencives ou la denture avec des pigments.

5 – Les tubes de dentifrice : l’environnement, lui, s’en passerait bien

Même si tu presses de tout ton cœur ton tube de dentifrice, il en reste toujours un peu. Et c’est embêtant car il n’existe toujours pas en France de filière de recyclage pour ce type de déchets. Ton tube en plastique ainsi que toutes les substances chimiques qu’il contient encore finissent donc aux ordures ménagères.

Bon. Je fais comme toi et ça ne m’empêche pas de me regarder dans la glace. Mais ça ne m’étonnerait pas que Dame Nature garde une petite dent contre moi…

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